• Mickael Balloi

La puissance d'un sourire - Birmanie (décembre 2015)

1 décembre 2015

Voici maintenant une semaine que nous avons atterri à Yangon, capitale économique de la Birmanie. Dès mon arrivée j'ai été instantanément saisi par les contrastes et paradoxes apparents de ce pays.


Contraste entre la simplicité des habitants, qui vivent modestement de leurs courses en tuk tuk, de la vente de casseroles ou de sacs de riz sur le bord de la route, et qui s'oppose à la magnificence des monuments. La Pagode Shwedagon par exemple est si grande qu'il faut plusieurs heures pour faire le tour des centaines de temples construits à ses pieds, et elle est intégralement recouverte d'or de sorte qu'on ne peut pas la regarder en journée sans être ébloui.


La Pagode Shwedagon - Yangon

Contraste entre le calme et la patience infinie des centaines de marchands posés dans leur petits stands toute la journée, sans autre occupation que discuter avec leurs homologues ou bien scroller sur leur téléphone portable. Et juste en face d'eux la route qui fourmille d'un flot incessant de voitures, scooters, tuk tuks, vélos, piétons dans un tumulte de klaxons et de cris.



Et surtout contraste entre modernité occidentale et culture traditionnelle ! Je me rappellerai longtemps de la soirée d'hier : après une randonnée de plusieurs jours, nous avons atteint hier après-midi un petit village perdu dans les collines birmanes, au milieu des plantations de thés. Assez isolées et très modestes, les maisons sont construites de bambous tressés et de tôles et les habitants vivent pour la plupart de la culture du thé ou du riz. L'un d'entre eux a passé un marché avec le guide qui nous accompagne dans l'arrière pays birman pour recevoir les étrangers qu'il lui emmène. Le soir nous avons donc séjourné dans leur maison, avec leur famille et dégusté un excellent repas traditionnel. Quelle surprise lorsque nous avons constaté que la famille passait ses soirées devant une vieille télé cathodique grésillante ! Et plus fort encore : ils recevaient la télévision satellite et nous avons donc regardé le discours de François Hollande suite aux attentats de Paris (ils ne comprenaient pas le français évidemment, mais ils voulaient nous faire plaisir) !



2 décembre 2015

Ce matin nous sommes repartis à la découverte du Myanmar - autre nom de la Birmanie - authentique ... du moins autant qu'il nous est autorisé de le faire ! En effet si le joug militaire ne nous a pas directement marqué à notre arrivée, il devient de plus en plus évident à mesure que l'on avance sur notre itinéraire : une grande partie du pays est fermée aux touristes et sur la route les contrôles sont fréquents. Nous avons même traversé samedi dernier un village où des rebelles armés arpentaient les rues. La situation est calme ces temps-ci, peu de risque donc pour notre sécurité, mais on réalise malgré tout le climat d'insécurité dans lequel vivent les populations ici.


3 décembre 2015

Nouveau jour de marche au milieu rizières. Malgré la chaleur et surtout l'humidité qui rendent la progression assez fatigante, je ne me lasse pas d'avancer dans ces décors magnifiques aux milles nuances de vert et la déconnexion - totale - me donne le temps, le recul et le calme mental pour réfléchir.



Et d'ailleurs une rencontre cette après-midi m'a bien bousculé et je sens mon cerveau qui commence à s'activer sérieusement. En traversant un nouveau petit hameau, nous avons croisé une petite mamie qui sortait de sa masure en bois. Je suis incapable de lui donner un âge : elle était courbée par le poids des années passées à travailler dans les rizières à repiquer le riz, pliée en deux, et on pouvait voir d'innombrables sillons se creuser aux coins de ses yeux et de ses lèvres. Mais lorsqu'elle a aperçu notre petit groupe traverser son village, son visage s'est fendu d'un sourire incroyable, sans dent et d'une sincérité éblouissante. Ce sourire magnifique était le témoin éphémère d'un bonheur simple et profond.


Mais si cette vieille dame qui ne peut plus se tenir droite d'avoir passé une vie difficile à travailler dans les champs, qui connaît la guerre et qui vit si simplement, sans eau ni électricité, sans voiture ni épargnes ni vacances à l'autre bout du monde, a trouvé le secret du bonheur, qu'est-ce qu'il me manque à moi ? Je sais que j'ai tout ce dont on peut rêver pour être heureux - famille, copine, diplôme, bon job avec des conditions très agréables, appartement etc. - et pourtant si je suis honnête je ne me sens pas épanoui. Ma situation est confortable c'est sûr mais je ne ressens pas d'excitation, d'enthousiasme, de stimulation à vivre chaque journée. Je me sens enfermé dans un mode de vie dont je ne suis pas sûr qu'il soit fait pour moi, en attendant mes quelques semaines de vacances où je peux m'évader en voyageant pour découvrir le monde et ses habitants, et mettre un peu de piment et d'aventure dans mes journées.


Alors si l'on peut être aussi heureux sans rien, d'où vient le bonheur ? Je commence à comprendre ce brin de sagesse si souvent entendu : le bonheur se trouve à l'intérieur de nous... et il est vain de chercher le bonheur par l'accumulation de richesses extérieures. Cette phrase m'est venue en commençant à écrire : "les pauvres sont ceux qui ont besoin de plus".


Mais dans ce cas qu'est-ce que je dois changer, même si ce n'est que dans ma tête, pour être pleinement heureux ?

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